De Cordoba a Mendoza

Apres une derniere etape a Buenos Aires, me revoila partie sur la route pour rejoindre Cordoba, une ville decrite par tous les argentins comme une ville etudiante, ou il fait bon faire la fete. Seul probleme, j’y arrive le dimanche, et forcement, il ne s’y passe rien. J’y visite l’universite, la plus ancienne d’Argentine, ainsi que la manzana jesuite, un ensemble d’eglise datant de l’epoque des missions jesuites, qui ont fonde l’universite. La ville me fait penser a Salamanque, mais ne me seduit pas vraiment.

Je n’y resterai donc qu’un jour et decide d’aller visiter les alentours le lendemain. A l’hotel, Dijana, une suisse, cherche aussi a aller se promener le lendemain. Nous irons donc ensemble a la Quebrada del Condorito, dans les sierras de Cordoba, pour une journee de marche. Ayant decide par la suite de me diriger vers une autre ville, j’emmene sur mon dos mon gros sac, que nous cacherons a l’entree du parc national sous une grosse pierre, afin de pouvoir marcher les 18km tranquillement.

Le parc est tres beau, avec de grandes herbes dorees, qui sont l’habitat des pumas et des yararas, des serpents venimeux… Nous observons avec circonspection les alentrous tout au long de notre balade, a la fois esperant et craignant la venue d’un puma. Il parait que  s’il s’approche il faut lever les bras en faisant de grands bruits, s’eloigner en marche arriere puis lui jeter des pierres. Nous n’en verrons aucun, mais des multitudes d’oiseaux dont une dizaine de condors qui nous survolent, et un petit serpent colore. Nous repartons contente, ayant bien marche et pris l’air.

Je me dirige ensuite vers Mina Clavero, un village le long d’un rio de l’autre cote des sierras de Cordoba. Apres cette longue journee de marche je considere que j’ai le droit de manger de la bonne viande. Le patron de lauberge m’indique la Gota de Grasa, un boui boui où les touristes ne vont pas. Effectivement, un carre de 10m2, un patron me montrant la viande crue, et me disant que 300g c’est trop peu. Il sort une pelle de braise d’on ne sais ou, la pose dans son barbecue metallique, et pose mes 500g de viande et de boudin sur la grille. Il sert avec ca du pain, de la salade et du vin, et c’est tout! Quand c’est pret, il me pose directement la viande sur une planche en bois et vient s’asseoir en face de moi pour faire la conversation. Son fils a vecu en France, il connait le pays. Il m’explique aussi la difference entre la viande de Cordoba et de Buenos Aires. A Buenos Aires, les vaches sont dans la pampa, c’est plat, et la viande est grasse. A cordoba, les vaches sont dans la sierra, et la viande est plus dure et plus goutue… Une bonne soiree, comme je les aime. Un des avantages d’etre seule, ca facilite les rencontres.

Le lendemain je vais me balader a Nono, un village pres de Mina Clavero. Apres 5km de marche, je rejoins un musee, le Museo Rocsen, ou un antropologue ne en France a regroupe toutes les antiquites du monde. D’une collection de cuilleres en argent qui plairait a mon pere à une momie peruvienne, de foetus avortes à des collections de robes victoriennes… Une espece de musee des horreurs, a voir… Je rejoins ensuite un rio au bord duquel je ferais une sieste à l’ombre des rochers.

Finalement, suite à un arret à San Luis, une petite ville, je rejoins Mendoza. Mendoza, la ville du vin, en bas des Andes. Une ville au milieu du desert, irriguee par l’eau des glaciers, avec une temperature constante d’environ 25-30deg et un vente leger qui rafraichit l’air. Une ville agreable en somme. Je trouve une auberge de jeunesse sympa, ou je rencontre des francais, des allemands et des neo zelandais, avec qui nous refaisons le monde et faisons la fête.

Je vais visiter les bodegas à velo, à Maipu, une localite aux alentours de Mendoza. Balade entre les vignobles et les oliviers, avec vue sur les Andes, et degustation de Malbec, un cepage qui amene un fort gout de violette au vin. Des vins forts agreables.

Nous organisons ensuite la location d’une voiture avec Rob, un neo zelandais, et Anni et Mattias, des allemands, pour aller voir le Puente de l’Inca, pres de la frontiere du Chili, dans les Andes, et le mont Aconcagua, la plus haute montagne du monde en dehors de l’Himalaya, 6990m.

Nous passons une bonne journee et apercevons le Cerro Aconcagua.

Le lendemain, depart avec la même troupe pour un trek de 3 jours à partir d’une carte dessinée sur un bout de papier par un argentin. Au depart, le parton d’une brasserie perdue dans la montagne nous confirmera l’itineraire.

Premiere nuit a camper au bord du Rio, a regarder les etoiles entre les sommets aupres du feu.

Seconde journee beaucoup plus dure: nous devons monter jusqu’a 3600m en partant de 2200… Nous ne sommes pas surs d’arriver au refuge. Nous y arrivons finalement apres 5h de marche, epuises, sales, mais heureux. Nous nous ecroulons sous l’effet de la fatigue et de l’altitude, dans ce refuge perdu au milieu des cailloux, sans la moindre trace de vegetation.

Au matin, nous devons redescendre tout le trek, avec un Rob malade et des jambes fatiguees. La descente est dure pour les articulations, mais nous croisons a nouveau des condors et des guanacos, les camelides sauvages d’Argentine.

Nous finissons par arriver au but, attraper un bus et rentrer a Mendoza.

C’est donc une Perrine aux jambes douloureuses qui vous ecrit aujourd’hui, mais fiere de son expedition, et prete à rejoindre El Bolson, en Patagonie. J’ai finalement suivi jusqu’a maintenant des rythmes alternant periode de solitude agreable, puis rencontre avec d’autres voyageurs, fetes et excursions. Je suis donc contente de continuer cette semaine et demi seule en Patagonie, pour retrouver Rija dans 10 jours à Ushuaia!!

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La surprise uruguayenne

C’est la qu’arrive tout l’avantage d’un voyage de plusieurs mois…

A Rio de Janeiro, j’ai rencontre Sebastian, un uruguayen qui m’a donne envie d’aller visiter son pays, grand pour l’Europe, petit pour l’Amerique, et surtout peu peuple (un peu plus de 3millions d’habitants pour 176000km carre). Des lundi, j’ai donc pris un ferry qui relie Buenos Aires a Colonia. L’Uruguay est le voisin de l’Argentine, de l’autre cote du Rio de la Plata.

Colonia est une petite ville tres charmante, au bord de l’eau, ou tout peut se faire a pied ou en voiturette. Les porteños (habitants de Buenos Aires) viennent la pour le week end, loue une mini voiture ou un scooter, et se baladent comme ca.

J’ai ensuite rejoint Montevideo pour la soiree. Une ville qui m’a semble sale sous le mauvais temps, mais tranquille. En la revisitant trois jours plus tard sous le beau temps , elle m’a plus seduite. Un grand port borde la ville ancienne. Et un vieux marche, le marche du port, est rempli de restaurant où on mange accoude au bar, un morceau de viande sortie de l’asado.

Pour ma part, accoudee au bar, j’ai goute le chivito, un hamburger uruguayen avec un grand morceau de steak et plein de pickles. Tres bon!

Les uruguayens, plus encore que les argentins, s’abandonnent à la coutume du mate. Une personne sur deux se promene dans la rue avec son thermos et son recipient avec la bombilla. Jeunes, vieux, hommes, femmes…

Puis, apres Montevideo, est arrivee la vraie surprise: j’ai rejoint Cabo Polonio, un village de pecheur dont m’avait parle Sebastian. 4heures de route, au milieu de plaines uruguayennes où broutent tranquillement de belles vaches. Arrivee au bord d’une route, il faut monter dans un grand camion 4×4. Depart dans les dunes. Cabo Polonio est en fait une reserve naturelle dans les dunes, avec quelques habitants, au nombre d’habitation restreintes.

Je suis arrivee la bas a 8h du soir, le soleil tombant, traversant les dunes, pleines de fleurs, d’oiseaux, pour arriver sur la plage. Le camion roule sur la plage, et s’arrete pour moi a la pousada de Nancy (le bed and breakfast), ou j’avais reserve. 30 m de la plage, une maison en bois coloree, et Nancy qui arrive en courant pour m’accueillir. Que dire de plus que j’ai ete immediatement charmee?

Nancy me montre la chambre, petite et sympa chambre en bois dans les dunes avec vue sur la mer (20m). Je rencontre son mari, ses deux petits garcons, et les garcons qui les aident pour retaper et agrandir la maison, servir les hotes etc…

On me convie a l’aperitif familial, on peut aussi diner, Marco, l’epoux de Nancy, cuisine tres bien. On va faire ensemble une expedition pour eliminer une branche derriere la maison ou s’est installee une colonie de guepes. Prises par surprise dans la nuit, elles sont enterrees dans le sable. Bref, une ambiance familiale, sympa, dans un cadre idyllique, perdu au bout du monde avec le sable et l’ocean.

Le lendemain je vais me promener, et je vois des animaux jouant dans l’eau. Des otaries! Plein d’otaries! Cabo Polonio est la plus grande reserve d’otaries au monde. (Ce qui cause aussi du tort aux pecheurs, car les otaries mangent 80kg de poissons par jour, et dans ce village ou la peche est artisanale, il ne reste plus grand chose pour les pecheurs, d’autant qu’etant protegees, le nombre d’otaries n’arrete pas de croitre)

Il parait qu il y a aussi des baleines, mais ce n’est pas la saison.

Voila, je me promene, decide de rester un jour de plus, profite de l’eau un peu fraiche mais transparente, des plages immenses et vides, des grandes dunes où je pique-nique, de l’ambiance de la pousada.. Un vrai moment de bonheur.

Je suis finalement rentree a Montevideo et hier soir a Buenos Aires. Je vais partir ce soir pour Cordoba, afin de rejoindre doucement Ushuaia ou Rija me rejoint dans 3 semaines!

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